Une nouvelle exhumation en écho aux interrogations de Gicerilla
Ce qui fut écrit il y a trois ans semblant toujours d'actualité, pourquoi ne pas y revenir. Il va sans dire qu'il ne s'agit ci-dessous que d'un léger survol
de la question ( mal ) traitée. Toute contribution sera bienvenue pour parfaire la chose, complexe, que nous feignons de cerner. A vos analyses donc, et merci d'avance aux éventuels participants
:)
1. La mesure de votre talent
Les statistiques mesurent votre talent.
Suspendu à leur publication, vous les consultez frénétiquement. Tous les deux jours. Seulement. Car votre amour propre vous dicte d'être raisonnable, de ne pas vous ruer, chaque jour, voire
plusieurs fois par jour, sur ces chers tableaux où s'affiche l'intérêt que l'on vous porte. Mais aussi, en creux, celui qu'on ne vous témoigne pas. Ce dernier paramètre, inquantifiable (ouf !),
n'est pas évalué. Le passer sous silence est une gentillesse qu'on vous fait. Soyez reconnaissants à qui de droit, de vous éviter le malaise, la déprime, peut-être même la pire
extrémité.
Un schéma valant mieux qu'un long discours, vous trouverez ci-dessous une illustration de l'impact moyen d'un blog moyen ( le vôtre, par exemple ) dans la
blogosphère.
L'audience idéale (la blogosphère entière lit avec avidité et
délectation chacune de vos nouvelles contributions ) est représentée par la ligne grise ci-dessous. L'impact de votre talent à vous que vous avez y figure sous la forme du segment
rouge.
Vous ne distinguez rien ?... Voir l'explication à suivre
:
Aucun appareil optique fiable ne permettant de capter le nano-infiniment-minuscule un grossissement de mille fois vous est présenté pour faciliter la
visualisation de votre impact.
" Grossi 1000 fois"
Si vous distinguez du rouge, c'est vous. Souriez, vous avez du talent. Et vous êtes chanceux. Un bon nombre de blogs n'ont pu être
répertoriés ici par faute d'épaisseur.
2. Que faire pour moins ne pas exister ?
Quelques mesures simples, accessibles au commun, ont prouvé leur efficacité. Nous exprimerons en valeurs positives ou négatives l'éventuellle modification du nombre de vos
visiteurs.
- Parler de sexe
.......................................................................................................................... + 5
- Parler de sexe en relatant vos expériences de couple et/ou extraconjugales
......................... + 8
- Parler de sexe à travers vos ébats conjugaux, et/ou extra, agrémentés de photographies
et/ou de vidéos licencieuses de votre épouse sur canapé à visage flouté, ou pas ............................... + 100
- Eviter tous autres sujets. Ils n'ont strictement aucun attrait
...................................................... -- 50
- Il est totalement déconseillé de développer tous contenus dérangeants et
somnifères
appelant à la conscience citoyenne, aux combats les plus divers contre ce monde
pourri
et à toutes formes d'engagements éthiques à vocation
humaniste.
Dans ce dernier cas personne ne pourra rien pour vous,
on vous aura prévenu.
3. Autres propositions.
Lancer des piques, s'adonner aux philippiques. Il suffit de citer l'un de ces diaristes qui vous agacent (la chose est aisée et rapide tant ils
sont légion) en déformant ses propos. La réaction ne se fera pas attendre car au village tout se sait, les nouvelles vont vite. Rien de nouveau dans ce procédé qui n'est que la forme
cybernétique des querelles de voisinage, étendues parfois aux clochers. Pour être connue la méthode n'en est pas moins encore très efficace.
Le diariste attaqué, en général mis au courant de l'infâmie par l'un de ses deux lecteurs
attentionnés, réplique sans coup férir. L'anathème - jamais moins - lui tiendra lieu d'argument car c'est son moi à lui qu'il a qu'on attaque bassement. Vous lui répondrez par l'invective et
l'insulte, toujours spectaculaires, fortement recommandées en lieu et place du débat serein, qui n'est pas votre propos, qui n'attire pas le badaud et qui lasse les
foules.
Il est à noter que l'amélioration de votre audience, dans ce cas de figure, ne sera que passagère.
Elle ne durera que ce que durera le conflit. Si elle contribuera, pour un temps, à doper vos courbes, n'envisagez pas ses bénéfices dans la durée. A moins que vous ne choisissiez d'ériger la
méthode comme moteur unique de vos publications à venir. A voir. Tout est permis.
Vous pouvez également vous plaindre de n'être pas compris, de votre audience trop faible, du manque de reconnaissance qu'on vous témoigne, toutes choses parfaitement incompréhensibles en regard
de votre incontestable talent. L'écho de vos lamentations ne restera pas sans effet car le blogueur moyen n'est pas une brute, sa compassion vous sera acquise, mais cependant pas
totalement dénuée d'un certain intérêt dont l'implicite nature n'échappera à personne, tout ascenseur digne de ce nom fonctionnant dans les deux sens.
On peut aussi appeler à contribution, voir plus haut en introduction, sur des questions fondamentales dont nous pensons à l'évidence
qu'elles intéresseront les foules les plus denses.
4. Statistiques et sommeil.
Si les statistiques n'empêchent pas de dormir, elles ont un impact non négligeable sur votre phase d'endormissement. En cas d'excellence
statistique, ce dernier se déroulera idéalement dans le meilleur des mondes. En cas de dépression notable des chiffres, la prise d'une tisane, environ 20 minutes avant l'heure du coucher, d'un
calmant ou d'un somnifère pour cheval est fortement conseillé.
Si vos graphiques s'en tiennent à l'étiage prolongé ou peinent à remonter, consultez un spécialiste. Du psychanaliste à la bouchère* de votre
quartier, nul réconfort n'est à dédaigner.
* Votre bouchère favorite est largement aussi
efficace que votre psy et beaucoup moins onéreuse. N'oubliez pas votre barquette de piémontaise et votre tranche de bavette du jeudi, vous êtes aussi venu pour
ça!
Derniers Commentaires